L’addiction aux jeux vidéo est une pathologie mentale, selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la dépendance au jeu de trouble mental. Les troubles liés aux jeux vidéo ont été énumérés sous la rubrique « troubles dus à des comportements addictifs » dans la version finale de la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11). Compte tenu de la popularité croissante et de l’attrait motivant des jeux vidéo, il est inévitable de s’inquiéter de leur risque de créer une dépendance.

L’intérêt croissant pour les jeux vidéo

Les jeux vidéo sur smartphones, tablettes, ordinateurs et consoles sont une forme de loisir populaire depuis quelque temps déjà. L’omniprésence des appareils mobiles fait que les jeux électroniques peuvent être joués à tout moment. Leurs ventes surpassent même celles de la musique et des films. En Europe, plus des deux tiers des enfants et des adolescents y jouent. Un nombre important d’adultes s’y livrent également. 38 % au Royaume-Uni, 64 % en France, 56 % en Allemagne et 44 % en Espagne.

Les estimations de la dépendance au jeu varient énormément en fonction des questionnaires et des sélections de joueurs interrogés. Pour preuve, les études représentatives de la population utilisant le projet d’orientation officielle révèlent un taux de dépendance inférieur à 0,5 %, tandis que d’autres indiquent des taux de dix à cent fois supérieurs.

Trop tôt pour « pathologiser » les joueurs

Les psychologues ne sont cependant pas tous d’accord pour dire que les troubles liés au jeu méritent d’être inclus dans la CIM. Les critères relatifs peu spécifiques au trouble du jeu dans le projet de l’OMS est une approche intéressante. Cela risque toutefois de pathologiser des pratiques courantes chez des centaines de millions de joueurs réguliers, d’après certains médecins.

Selon certains experts, les principales caractéristiques avancées par l’OMS sont semblables aux caractéristiques diagnostiques des troubles liés à la consommation d’alcool et d’autres drogues et du jeu. Pour qu’un diagnostic soit posé, le comportement négatif doit cependant durer au moins 12 mois. Qui plus est, il n’y a eu aucun consensus sur la définition de la dépendance aux jeux vidéo, ni sur les symptômes ou indicateurs essentiels, ou encore sur les caractéristiques fondamentales de l’état de santé mentale du joueur.

L’OMS conteste cette affirmation. L’organisation a pris la décision d’ajouter les troubles liés au jeu à la CIM-11 « sur la base d’un examen complet des données probantes mondiales, ainsi que de consultations avec des experts de toutes les régions du monde », a souligné le Dr Shekhar Saxena, directeur du Département de la santé mentale et de la toxicomanie de l’OMS, pendant une conférence de presse.

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